samedi 13 mars 2010

Rififi au MoDem: comprendre Corinne LEPAGE.

Si on oublie qu'avant tout elle fait ce qu'elle fait pour défendre ses convictions, on ne peut pas comprendre l'ex-Ministre à l'écologie.

En la matière on à ceux qui pensent y croire, surtout quand il s'agit de récupérer des votes aux élections. Dans le genre, samedi dernier au salon de l'agriculture le « ça commence à bien faire » au sujet des normes environnementales de Nicolas SARKOZY laisse perplexe. En tout cas cela prouve qu'il n'a pas vraiment compris le fond du problème, car ce qui peut sauver l'agriculture française ce sont les reconversions vers le biologique qui est de plus en plus demandé et dont l'offre ne satisfait pas la demande. La balance extérieure comme l'environnement y gagneront par conséquences. 

L'entrave et la plus grosse part de responsabilité de la situation viendrait plus certainement des marges de la grande distribution.


Lié aux problèmes de l'agriculture, il y a celui des OGM en culture ouverte (rien à voir avec la recherche à but médical en milieu fermé) et Corinne LEPAGE a régulièrement alerté l'opinion sur les manques de transparences et les justifications douteuses données par les industriels pour pouvoir exploiter et captiver les agriculteurs, cela sans avoir les connaissances suffisantes pour connaître les conséquences sur la santé humaine. 

Au grand public on raconte que c'est pour utiliser moins de produits chimiques, moins d'eau, qu'on va soigner des gens avec cela. Mais on ne leur dit pas qu'après quelques années les sols sont morts, deviennent stériles, qu'en Inde les paysans finissent pas se suicider à la dizaine, ruinés et même que l'emploi d'insecticide est quand même nécessaire parce que les semences ne tiennent pas leurs promesses. On n'explique pas non plus comment MONSANTO pulvérise du Rond-Up par hélicoptère au Canada, détruisant ainsi une partie des cultures saines, juste pour voir si tout est détruit car dans le cas contraire, en cas de contamination par le vent par exemple, ils revendiquent la propriété des récoltes. 


Ces problèmes sont au coeur des préoccupations de CAP 21 que préside Corinne LEPAGE avec les dangers du nucléaire, et sur ce sujet l'ex-Ministre est particulièrement rigide. Ce n'est clairement pas ses choix politiques. 


Par contre, ses choix politiques passent par les développements économiques d'alternatives écologiques et la sauvegarde des libertés et droits des citoyens.

Ses faiblesses seraient plutôt du côté du social et, même si elle dira sans doute le contraire, sur la démocratie, encore qu'il y a du progrès étant donné les ouvertures récentes vers d'autres groupes idéologiques, encore que cela pourrait bien être dû aux militants de CAP21 qui ne trouvent pas leur compte au sein du MoDem. 

Si je dis cela c'est parce que comme dans toutes les formations politiques, à CAP 21 on ne répond pas en interne aux questions qui dérangent, comme sur la nécessité que nous avons dans les Hautes-Alpes d'achever le morceau d'autoroute de 60 km pour être reliés au reste du pays. Les autres formations écologiques sont aussi rigides sur le sujet et cela manque de pragmatisme autant que de démocratie, puisque le sujet ne peut même pas être abordé.


Si on lit entre les lignes de la propagande électorale du MoDem local, sans l'admettre franchement, c'est la position qui a été officiellement adoptée.


Ces paramètres posés, revenons à la fondation du MoDem. 

En 2002 Corinne LEPAGE avait été candidate à la présidentielle. En 2007 elle avait récolté un peu plus que les signatures nécessaires mais au dernier moment elle a décidé de se joindre à François BAYROU pour, dit-elle, ne pas risquer de le faire perdre en faisant un petit score. Sans doute que si elle y avait cru elle-même, elle aurait fait en sorte de faire un score suffisant pour être au deuxième tour, et là toutes les simulations la donnait gagnante dans tous les cas de figure. Encore fallait-il arriver au deuxième tour. 

 

Si elle était candidate, ce n'était pas dans l'espoir d'être élue, mais de faire valoir ses idées et celles de CAP 21. Et jusque là cette formation écologique était la seule à dire en quelque sorte que ces problèmes ne sont pas que une spécialité de gauche, et que cela concerne tout le monde. 

Au moment du ralliement à François BAYROU, Corinne LEPAGE avait appelé toutes les tendances écologiques à ce regrouper autour de ce que était en train de se former. En fait, elle aurait sans doute à l'époque espéré pouvoir faire ce qu'Europe Écologie a réussi à faire en 2009, seulement pour cela il aurait fallu que le chef soi écologiste et ouvert, et en convoquant Corinne LEPAGE devant un conseil disciplinaire il n'en prend pas le chemin, et il aurait aussi fallu que le nom du nouveau parti soit estampillé « écologique ». Enfin surtout il aurait fallu que son leader n'ait pas pour objectif principal unique visible « être Président de la République ». 


Le MoDem est plus connu par son chef que pour des idées, ce qui est quand même problématique!


Pour couronner le tout, au lieu de mettre en avant les atouts apportés par les nouveaux arrivants de bonne volonté, c'est tout juste si ils ont eu droit à un strapontin et en plus leurs idées ont été pour beaucoup oubliées. 


Sur internet certains ont dit que Corinne LEPAGE s'est servie du MoDem pour être élue. Or si elle n'a pas été élue c'est parce qu'elle ne s'était pas présentée aux législatives, estimant pouvoir être plus utile à sa cause en tant qu'avocate plutôt que députée. Elle avait aussi été sollicitée déjà à l'époque pour entrer au gouvernement avec Bernard KOUCHNER aux affaires étrangères, avant même les législatives, ce qu'elle a refusé. 

Vu le contexte de l'époque, si l'écologie lui avait été proposé, elle aurait sans doute accepté, encore pour défendre sa cause, mais elle était déjà Sarko-incompatible en raison de sa rigidité sur les questions nucléaires. Par la suite elle l'est devenue encore plus franchement ne serait-ce que pour des questions de droits et libertés. 


L'avocate militante écologique n'a pas attendu le MoDem pour exister, ce serait plutôt l'inverse. 


Elle dit elle-même qu'elle a mauvais caractère, plus simplement elle a « du caractère ». 

Moi aussi et on n'est pas toujours d'accord, mais elle est tombée d'accord avec Daniel COHN-BENDIT au moins sur le terme « MINABLE ».


ALLÈGRE « l'objet du scandale »!

C'était dans « l'Objet du scandale ». La semaine dernière l'imposteur climatique aurait dû être face à Daniel COHN-BENDIT, malheureusement les plombs ont sautés et pour cause de campagne électorale, fasse à l'animal politique c'est une scientifique qui a fait front. 

La révélation c'est que le scientifique a esquivé les réponses aux questions de celle-ci, pire le mammouth est sorti de sa tanière: « vous ne parlerez pas plus fort que moi » a-t-il claironné en passant son temps à brouiller les messages de ses opposants en les interrompant. Voilà la vérité d'ALLÈGRE qui sort. Son but est bien de faire le buzz, vendre son livre et accessoirement sa méthode de captation et stockage du CO2. 


Un des intervenants a parlé de la question qui se pose sur internet de savoir s'il ne serait pas payé par TOTAL qui a déjà une installation de stockage CO2. Après avoir dit que ce que les gens disent et pensent ne l'intéresse pas, Claude ALLÈGRE c'est dit scandalisé par cela et s'en défend. 

Étant donné que c'est moi qui avait émis cette hypothèse dans un précédent article, j'ajoute que pour le démentir formellement, il faudrait qu'à aucun moment et d'aucune façon ses recherches n'aient bénéficié, même indirectement, de fonds provenants de TOTAL. Étant donné qu'ils exploitent la technique, il y a peu de chance pour que le pétrolier n'ait pas favorisé la recherche en ce sens. 

Reste que le point crucial des conséquences sur le long terme de ce stockage sous-terrain soulevé par Arnaud GOSSEMENT, France Nature Environnement, est éludé par lui. 


En attendant les journalistes sont sur de faire le show en l'invitant, et il n'a pas fini de nous envahir de sa prose, comme il est à la retraite il a tout son temps pour cela et arrondir ses fins de mois, car il a admis qu'il ne le fait pas pour autre chose. 


Enfin il y a quand même un problème si la crédibilité est accordée au prorata des décibels de l'orateur!

 


samedi 6 mars 2010

Un Président pendant une semaine à contre-temps!

Dimanche dernier il a commencé par une semaine au Salon… au Cap Nègre, alors qu'il aurait dû être à celui de l'agriculture. 

Jeudi au lieu d'être à la messe en mémoire des victimes des inondations de la tempête XYNTHIA, il était en meeting quasi-électoral sur le thème de l'industrie à Marignane. 

L'évidence c'est que la mayonnaise est en train de virer à l'aigre et au lieu d'être au côtés de ceux qui ont des problèmes, notre SpeedY Président court plus vite que son ombre, et ce n'est pas en ignorant les problèmes qu'ils vont se résoudre. Pire, les enregistrements vidéo l'accusent: les journalistes ont ressorti celui où il disait qu'il fallait construire dans les zones inondables!


Pour quelqu'un comme lui qui réagit avant de réfléchir, assister à une cérémonie au milieu des familles victimes serait au moins l'occasion de prendre un temps de réflexion. 


La réflexion, c'est justement ce qui manque cruellement à ce Président, faute de quoi il ne fini par plus brasser que du vent… 



Campagne régionale: encore un effet pervers du cumul des mandats!




Si vous vous demandez pourquoi les bancs des assemblées parlementaires sont désertées, c'est que les élus sont partis faire leur pub dans leurs régions. 
Celui de l'UMP-NC de jeudi à Embrun c'est fait pendant le débat à l'assemblée sur les violences faites aux femmes. 
C'est dire l'importance qu'ils accordent à ce sujet qui devait soi-disant être la cause à défendre pour l'année 2010. 

Le journal dit que Henriette Martinez n'est plus vexée… on en reparlera après les élections car si je continue à recevoir des coupures de journaux, c'est que les habituels électeurs de l'UMP sont plus que désorientés. 
Leurs commentaires étaient furieux après les augmentations phénoménales des impôts locaux, et chez nous c'est un cadeau de droite qu'ils ne peuvent pas imputer à la présidence PS de la région, qu'ils ne savent peut-être plus quoi choisir avec toute la diversité à côté de cela. 
Vauzelle semble commencer à comprendre que ne pas avoir fait le nécessaire pour achever l'A51 entre Gap et Grenoble a été une erreur monumentale. 
Il peut bien s'accrocher aux branches chimériques d'une liaison hypothétique sous le Montgenèvre, maintenant que les travaux et la liaison Lyon-Turin est en cours, vu les coûts et le doublon ce ne sera pas la solution pour les Hautes-Alpes.
La seule conséquence c'est qu'on gaspille l'argent en études alors qu'on aurait pu le consacrer à terminer l'autoroute en utilisant cet argent pour les surcoûts inévitables si on veut le faire dans le respect de l'environnement et avec une emprise minimale sur les sols. 

Il y a une telle intensité de circulation des poids lourds de transit vers l'Italie dans le col de Montgenèvre et à Briançon que ce n'est plus supportable. 

Dans une semaine les choix sortiront des urnes. 
La seule chose qui est claire, vu la mentalité de Chantal EYMEOUD, il est hors de question de voter pour elle. 
Défendre l'écologie oui, mais pas la connerie. 
C'est tout leur problème, on n'est pas obligé de faire des Hautes-Alpes une réserve coupée du reste du pays!
 

mercredi 3 mars 2010

La leçon à tirer de XYNTHIA. Avis aux inventeurs!

La DDE s'est presque aussitôt manifestée pour signaler qu'elle avait averti bien en amont des risques importants qui se sont réalisés lors de la tempête. 

Météo-France avait annoncé avec deux jours d'avance le phénomène. 

Les autorités ont trouvé pour excuse d'avoir estimé que l'évacuation aurait été plus dangereuse et aurait fait plus de victimes. 


Quand même, ils auraient pu donner des conseils sur les dispositions à prendre par les gens en restant chez eux. La moindre des choses aurait été de donner des consignes toutes simples, comme celle d'avoir au moins une personne éveillée par maison pour monter la garde, ce qui aurait évité de piéger les gens dans leur sommeil. 

Ils ont visiblement sous-estimées les prévisions météo, la combinaison avec les particularités maritimes des marées et dépressionnaires avec la hausse du niveau de la mer, même si elle n'a été que d'une quinzaine de centimètres ces dernières années, on voit bien que c'est important et que cela n'est pas sans conséquence. 


Un constat récurrent dans les zones touristiques, c'est la priorité donnée au business sur la sécurité. 

Ce n'est pas le cas que pour les régions du littoral. Nous avons le même problème en zone de montagne avec les phénomènes d'érosion, de risques de glissements de terrains et sismiques. On peut bien soupçonner les promoteurs immobiliers, les coupables sont bien les élus qui cèdent à leurs sirènes. S'ils n'y trouvaient pas leur compte on n'aurait pas tant de problèmes. 

Quand on voit qu'il y a un problème on s'organise en association parce qu'on ne tient pas compte de nos remarques. S'engage alors un jeu du chat et de la souris pour berner les administrés. On leur dit qu'ils exagèrent, qu'ils disent n'importe quoi, qu'on sait maîtriser la nature, qu'on a des techniques, si vous insistez on fait tout pour vous berner, dans la foulée les élus, comme notre maire, ne donne pas les bonnes informations au préfet. C'est très grave parce que les problèmes ne peuvent pas être anticipés et les moyens de l'État ne seront pas mis en oeuvre à la hauteur nécessaire en cas de pépin. 


Pourquoi cela arrive? 

Parce que pour se faire élire les maires ont besoin de se faire valoir et que ce n'est pas avec des travaux d'entretien et de sécurité qu'ils peuvent se faire mousser. Alors pour avoir plus de moyens ils ont besoin que des taxes locales se créées, autrement dit accorder des permis de construire sans être trop regardant sur la sécurité et le bien-être des habitants. 

Les PPR (Plan de Prévention des Risques) sont en principe des gardes-fous, le problème c'est que curieusement on voit des zones passer du bleu (risque de glissement de terrain), au blanc, juste au moment où un promoteur doit obtenir l'autorisation de construire un immeuble. 

En grattant un peu, on pourrait probablement trouver des campagnes électorales financées en bonne partie par des promoteurs. Alors quand les particuliers veulent contrer les pressions pour rétablir l'équilibre, il ne faut pas croire que les élus vont être content car cela ne les arrange pas, surtout s'ils veulent faire carrière en politique.

De fait, à la Faute sur mer la population dit bien avoir été confrontée, comme nous en montagne, aux mêmes comportements quand ils avaient tiré la sonnette d'alarme on leur avait rit au nez.  


Ce qui est rassurant et aura des conséquences très positives pour tout le monde, c'est que Nicolas SARKOZY avec son grand emprunt souhaitait faciliter les conditions de délivrance des permis de construire, ce qui était plutôt inquiétant aux vues des constats déjà faits en la matière. Cette catastrophe va obliger le gouvernement à plus de vigilance et de rigueur sur le sujet. 


On ne fera pas revenir ceux qui y ont laissé la vie, par contre il faut faire en sorte d'en tirer les enseignements. Le gouvernement devra être plus modeste et revoir l'ordre des priorités: la sécurité des personnes avant tout et dans tous les domaines. 


Vu les difficultés à s'échapper par les toits qui était le plus souvent la seule issue, il serait assez simple d'ériger en règle la présence d'au moins un « vélux » sur chaque toiture. Il semble que ce point fasse partie des nouvelles exigences des règles d'urbanisme. 


Bien sûr à partir de maintenant les permis de construire dans ces zones inondables ne seront plus délivrés, enfin jusqu'à ce que le temps fasse oublier les risques. Mais les habitations existantes ne seront pas détruite et il serait bon de mettre en place des atouts comme la réalisation de fenêtres de toit ainsi qu'un système d'alerte de montée d'eau dans les maisons. 


Avis aux amateurs inventeurs:

Au même titre que les détecteurs de fumées, les inventeurs devraient élaborer un petit détecteur de niveau d'eau à poser au niveau des plinthes pour alerter en zones à proximité des littoraux et cours d'eau. Cela ne devrait pas être très compliqué, avec le déclenchement par un petit flotteur. 


Après le maïs, la patate OGM…

C'est quand même curieux que systématiquement ce soit la Commission Européenne qui se révèle être le maillon faible de la parade aux OGM alors même que la population européenne n'y est pas favorable. 


Certes, on nous dit que c'est pour l'industrie papetière, alors que les progrès techniques devraient inciter à utiliser plus l'informatique sans imprimer sur papier et que dans le futur on devrait aller vers des formules comme le nouvel « i-pad » devraient même permettre de limiter l'impression de livres et d'en rendre l'accès moins cher. Autrement dit si on s'y prend bien, la papeterie devrait voir ses besoins diminuer. Pourquoi dans ce cas favoriser une culture OGM pour l'industrie ce qui prive d'autant les surfaces cultivables pour l'alimentaire. 


On nous dit que ces cultures vont aussi servir à l'alimentation du bétail, sauf qu'on ne peut pas avoir le recul nécessaire pour en connaître les répercussions sur les humains. De toute façon il serait utile pour la santé d'avoir une alimentation moins carnée, ce qui serait aussi bénéfique pour la Terre. 


Alors on n'a plus qu'à espérer que le principe de précaution français sera mis en oeuvre pour empêcher ces cultures chez nous, reste qu'on peut se demander de quel droit la Commission Européenne peut prétendre qu'il n'y a pas de danger alors même qu'il est impossible aujourd'hui d'avoir l'expérience et le recul pour faire de telles affirmations. 

Cette histoire est quand même sortie un peu comme du chapeau d'un magicien, pendant que les gens sont en plein désarroi avec les inondations de la tempête.